Poésie existentielle

La mort me terrifie

La mort me terrifie
Pas la mienne
Pas encore
Mais celle des autres
Dont la vie m’est indispensable
Je pleure leur absence
En leur présence
Ce n’est pas sain
Peut-être
Mais j’essaie
Comme insidieusement
De me préparer
A leur absence
Définitive

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Pourquoi j’ai détesté « Tremblez mais osez! » de Susan JEFFERS

Je me suis arrêtée à la page 78 du livre « Tremblez mais osez ! » du Dr Susan JEFFERS. Juste avant le Chapitre 5, qui dit : « Positivez ». Les livres de « développement personnel » n’ont jamais été ma tasse de thé et en lisant celui-ci j’ai compris pourquoi. Trop d’injonctions, trop de « fais ci, fais ça » et tu auras la vie que tu souhaites. Franchement j’ai failli le laisser tomber dès les premières pages. Mais je me suis dit, accroche toi, sous ses airs rébarbatifs, il peut peut-être t’apprendre des choses que tu ignores.

Mais si je déteste les livres de développement personnel, pourquoi avoir entamé celui-ci alors ?

Parce que j’ai décidé de surmonter mes a priori sur ce type d’ouvrages, quitte à les détester autant pouvoir argumenter sur le pourquoi de ce désamour. Et puis le titre m’a interpellée : Tremblez mais osez ! Moi qui tremble souvent intérieurement quand il s’agit de risquer quelque chose, de sortir de ma zone de confort, qui me laisse parfois paralyser par cette peur panique de mal faire et d’échouer, je travaille à sauter le pas malgré la peur. A contourner les obstacles psychologiques, que je place moi-même sur mon chemin et qui m’empêchent d’AGIR.

Et c’est là que ce livre m’a déçue.

Tout ce qu’il propose c’est juste de faire le contraire de ce que nous suggèrent nos pensées limitantes. Tu veux intégrer un nouveau cercle d’amis mais tu ne sais pas comment les aborder parce que tu les trouves trop beaux/intelligents/riches pour toi? T’as qu’à prendre ton téléphone et les appeler pour arranger un rendez-vous ! Tu te dis dépressive parce que tu as un cancer ? Prends tes responsabilités ! N’es-tu pas coupable de t’être mal nourrie ? Ta tendance être « tendue, amère et prompte à te mettre en colère » n’est-elle pas à l’origine de ta maladie ? Pourquoi ne penses-tu pas « positif » en te disant que « d’autres ont combattu le cancer, souvent avec succès » ?

WAOW. J’ai trouvé ces mots un peu cruels et surtout trop faciles.

Il suffirait donc d’avoir un esprit positif pour vaincre un cancer. Le Dr JEFFERS ne rend pas compte du processus, comment on en arrive petit à petit, à force de chutes, efforts et recommencements à affronter nos pires angoisses dans la vie.

Bref je n’en dirai pas plus sur ce livre qui m’a beaucoup ennuyée et qui cristallise tous les a priori que j’ai sur les bouquins de développement personnel. Mais je ne baisse pas les bras : j’attaque maintenant « Imparfaits, libres et heureux » de Christophe André. J’ai le pressentiment qu’il sera quand même beaucoup plus intéressant.

Sèganmin

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Opinions

La rumeur tue !

– « Tu as appris la nouvelle ? La ministre béninoise de l’Intérieur est la maîtresse du Président de l’État voisin »

– « Vraiment, il semble que les Présidents de ce pays apprécient la gente féminine ministérielle béninoise. Le prédécesseur n’avait-il pas flirté avec la Ministre des Droits de l’homme ? Jusqu’où ira donc l’envie des femmes de se mettre au-devant de la scène politique ? »

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Opinions

Quand deux femmes se rencontrent, la seconde…

Mon téléphone  sonne. Au bout du fil, mon patron.

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« Mme AMOUSSOUGA, cette année, dans quelle commune voudriez-vous effectuer la mission FADeC » ?

Je fais chaque année une mission dans le cadre du Fonds d’Aide au Développement des Communes. Cette  mission  m’emmène à me rendre dans une des communes du Bénin, et à vérifier la bonne utilisation par les maires des fonds qui leurs sont alloués.

– Je veux aller à Comè !

– Comè, tu y étais,  l’année dernière.  Choisis une autre commune.

– Bohicon, alors.

– Une autre équipe y est déjà. Tu iras à Za-Kpota, qui n’est pas si loin de Bohicon.

– D’accord, patron !

J’avais eu mon lot de goujats en tout genre. 

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Chaque année j’attendais ce voyage avec impatience mais également avec anxiété, car les coéquipiers (tous des hommes), avec qui je partais en mission, devenaient très vite insupportables sur le terrain.

Entre celui qui n’autorise aucune « pause pipi » avant 500km de route avalés et celui qui te hurle dessus devant les autorités que vous contrôlez, parce que tu as osé le contredire sur un point de votre travail, j’avais eu mon lot de goujats en tout genre. Par bonheur, il y avait une ou deux perles rares de temps en temps. J’espérais tomber sur l’une d’entre elles. Mon espoir fut vain : cette mission, encore plus que les autres, allait se terminer en un crêpage de chignons légendaire.

C’est toi qui fustiges les hommes, va goûter aux femmes et tu m’en diras des nouvelles !

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Nos héroïnes

NANGA, la faucheuse de têtes qui tient toujours ses promesses

Nous sommes en 1892. Je m’appelle Nanga, j’ai 17 ans et je suis une amazone du royaume du Danhomè*. Amazone, c’est le nom que les Yovos, les Blancs, donnent aux filles, qui comme moi, combattent pour protéger notre royaume.

Nos compatriotes nous appellent plutôt Mino, ce qui signifie « Nos mères » dans notre langue : le Fon. Effectivement nous sommes un peu comme leurs mamans puisque nous leur sauvons la vie en risquant ou en donnant la nôtre.

Agoodjié : Laisse moi tranquille !

Ils nous appellent aussi et plus souvent Agoodjié, ce qui pourrait être traduit en langue Fon par « Laisse-moi tranquille ». Si tu veux tout savoir, la légende raconte que ce nom nous a été donné parce que nous avions l’habitude de feindre l’intérêt pour les propositions sexuelles des soldats français, pour ensuite les poignarder, pendant les ébats, en criant : agoodjié ! Je ne vais pas confirmer ou infirmer cette légende, mais j’aime ce qu’elle raconte de notre courage, de notre détermination et de notre ruse…sans vouloir me vanter. Lire la suite

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Dis moi ce que tu lis...

Murambi, le livre des ossements de Boubacar Boris DIOP

Le quotidien d’un génocide

Que le titre de ce roman, ne vous empêche pas de le prendre. Certes, il raconte une histoire vraie de morts et d’atrocités. Mais ce n’est pas ce que vous en retiendrez. Vous en ressortirez avec une profonde envie de vie et une meilleure attention à la manière dont vous interagissez avec les autres humains.

Murambi, c’est le nom d’une ville touchée dans sa chair par le génocide perpétré au Rwanda en 1994. Dans ce livre, Boubacar Boris DIOP nous entraîne dans le quotidien de l’horreur.

On rencontre des êtres humains sans défense, torturés et abattus comme si la vie humaine ne valait rien.

« On le liquide au passage. Comme un cancrelat s’aventurant au milieu de la cour et aveuglé par la lumière. On l’écrase d’un coup de talon sans y prêter attention. »

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Nos héroïnes

Nanguézé : princesse et espionne malgré-elle

La princesse Nanguézé est née à une époque où les femmes du royaume du Danhomè[1], même celles de sang royal, ne pouvaient pas décider de leur destin.

L’homme qu’elles devaient épouser, le lieu qu’elles devaient habiter, la façon dont elles seraient enterrées : tout cela était choisi pour elles par des hommes (frères, époux, pères, oncles) ou régi par la tradition.

Obligée de subir des décisions qui n’étaient pas les siennes, la princesse Nanguézé ne devait être qu’un humain parmi d’autres, dont le temps efface le souvenir.

Mais le sort en a décidé autrement. Nanguézé est devenue le principal instrument de l’une des ruses de guerre les plus célèbres du royaume, ce qui la fera finalement entrer dans l’Histoire. Lire la suite

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